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Un bref historique du domaine de Gerfault

1190 : Occupation de l’abbaye de Gerfault par les templiers
A peu près à cette date, à l’apogée de l’ordre des templiers, une obscure obédience templière nommée « Les Veilleurs du Temple » prend possession d’une bâtisse ecclésiastique à l’abandon, l’abbaye de Gerfault, qui se trouve à cette époque dans un état déplorable. Les templiers détruisent complètement la structure de bois existante pour la remplacer par de solides fortifications de pierres. Très rapidement, en moins de dix ans, la richesse des templiers rayonne dans la région alentour et le domaine prospère.
D’après un manuscrit historique découvert récemment la cohabitation entre les moines soldats et les laïcs de la région ne se passait pas si agréablement que ça pour ces derniers, car c’est à ce moment là qu’on parle pour la première fois de disparition d’enfants. Les templiers sont mis en cause, mais bien trop puissants et influents pour être inquiétés…

1291 : Perte de la Terre Sainte
La dernière présence chrétienne en Terre Sainte disparaît avec la chute de St Jean d’Acre face aux forces musulmanes coalisées. Peu de temps après, il y a du nouveau dans la commanderie de Gerfault, en effet, une deuxième obédience rejoint les Veilleurs du Temple ! Venu directement de Terre Sainte, « L’Ordre Hermétique et Indissoluble du Refuge Egyptien » rejoint la commanderie dans la plus grande discrétion… Un document d’époque fait état d’une « longue et interminable file de moines encapuchonnés, entièrement vêtus de noir ».
La réputation de la commanderie de Gerfault n’était déjà pas reluisante avant leur arrivée, mais après leur installation, cela devient encore pire, on parle même de présence du Diable, de Garous et de sorciers, même d’hommes noirs parmi les nouveaux moines. Les paysans du domaine quittent peu à peu la région qui se dépeuple progressivement, les seuls qui restent sont terrorisés par la présence templière.

13 octobre 1307 : La chute du Temple
Le 13 octobre 1307, des soldats de Philippe le Bel envahissent toutes les commanderies de France, et sonnent ainsi le glas des moines soldats, la chute du Temple ! Partout dans le royaume les templiers sont arrêtés, sans grande résistance, mais pas à Gerfault… En effet, lorsque les soldats de Philippe IV forcent les portes fortifiées de la commanderie, ils ne trouvent que des cadavres à l’intérieur, 13 corps en tout et pour tout, pas un de plus. Malgré leurs recherches, les soldats du roi ne trouvent pas la trace d’un seul Veilleur du Temple, rien que 13 hommes morts, à la peau sombre et couverte de marques « diaboliques », vêtus de la toge noire de l’Ordre Hermétique et Indissoluble du refuge Egyptien.
Après cet épisode, les superstitions locales font que le domaine est laissé de nouveau à l’abandon, comme avant la présence templière, car personne, qu’il soit religieux ou laïc, soldat ou paysan, n’ose y remettre les pieds…

1794 : Le rapport du citoyen Boulanger
Il n’existe aucune note, aucun texte mentionnant le domaine de Gerfault depuis l’arrestation des templiers, comme si tout le monde avait voulu oublier l’abbaye et ses moines-soldats à la sulfureuse réputation. Non, il n’existe plus rien jusqu’à ce texte, daté du 7 brumaire de l’an III de la République, rédigé par un certain Louis Boulanger. Le citoyen Boulanger, colporteur de son état, mentionne dans son rapport fait à la police avoir entendu des bruits et des chants étranges en passant non loin des ruines de Gerfault. S’étant approché par curiosité, il affirme également avoir aperçu de sombres silhouettes d’hommes « habillés comme des curés » qui gesticulaient comme des diables autour des ruines…
Suite à ce rapport, et pour faire définitivement taire les superstitions et les racontars d’un autre âge, les autorités locales, après une enquête quelque peu bâclée et n’ayant rien donné, prirent la décision de raser les ruines pour construire par-dessus un hospice pour les nécessiteux dont la construction se termina deux ans plus tard.

XIXème siècle : la fin de l’obscurantisme ?
L’ancienne abbaye, devenue « le domaine de Gerfault », ne perd pas l’aura de mystère qui plane autour d’elle depuis des siècles. Bien qu’elle soit à présent reconvertie en hospice, sous la bienveillante gestion des gouvernements successifs, les anciennes terreurs locales sont toujours vivaces, et l’on assiste de nouveau à de tragiques disparitions d’enfants, et même d’adolescents… En 1853, on retrouve même le cadavre écorché et vidé de tout son sang d’une personne adulte jamais identifiée.
Aux yeux des lointains dirigeants, Gerfault et ses superstitions ne sont rien de plus que des racontars de bonne femme, car l’hospice lui fonctionne, et les citoyens éclairés sont suffisamment intelligents pour ne pas tenir compte de stupides croyances paysannes…

1891 à nos jours : sur les traces de Freud
Le 12 février 1891, le docteur Emile De la Bédollière, un richissime psychiatre de Paris a fait une offre pour l’achat du domaine de Gerfault, une somme si colossale que personne ne s’est posé de questions, la vente fut conclue en quelques jours et l’hospice de Gerfault devient peu à peu un asile d’aliénés…
Mais ça ne change rien au final, les superstitions évoluent mais elles restent présentes… Simplement, quand on retrouve comme il y a 7 ans un mouton dépecé et crucifié dans la forêt voisine, ou quand un enfant disparaît de nouveau comme par magie sans laisser de trace, il est bien pratique de mettre en cause ces malheureux « dérangés » ou leurs étranges gardiens…



Les évènements récents et importants qui se sont passés au domaine de Gerfault

12 février 1891
L"hospice devient un asile pour aliéné. Il comporte également un couvent.

24 avril 1892
Le vieux Mathieu Tabloy est le premier interné.

31 mars 1894
Marc Flopençon est interné.

27 juin 1896
Marius Legros est interné.

12 juillet 1898
Léon Zimzou est interné.

12 juin 1900
Sœur Yolande Breteuil rejoint le domaine en qualité d’infirmière en chef et responsable du couvent. Le père Fresson rejoint le domaine en qualité d’aumônier.

13 mars 1901

Hugues de Bourgeot rejoint le domaine en qualité de médecin. D’habitude les soins étaient produits par des médecins qui faisaient des visites régulières, c’est le premier à s’installer sur place.

2 décembre 1902
Enterrement d’une personne étrangère dans le cimetière du domaine.

23 février 1903
Rémi Poulin est interné.

28 avril 1904
Fernande Dupont rejoint le domaine en qualité de surveillante des femmes.

22 janvier 1905
Joachim Charlebout est interné.

6 juin 1906
Louis Dutrou est interné.

9 novembre 1907
Edmond Dupin est adopté par les anciens gardiens, il est aujourd’hui le jardinier du domaine.
Plusieurs sœurs rejoignent le couvent.

13 mai 1908
Une équipe archéologique fait des fouilles près du cimetière du domaine.

26 juin 1908
L’équipe archéologique a été massacrée.

2 juillet 1908
Robert Dorges est interné.

18 août 1909
Gérard Amatrax est interné.

20 septembre 1909
Gustave Bouton rejoint le domaine en qualité de surveillant en chef.

27 mai 1910
De très nombreuses sœurs du couvent meurent empoisonnées à cause de l’eau tarie du puit. Les survivantes quittent toutes le domaine excepté Sœur Yolande Breteuil qui décide malgré tout d’assumer son rôle d’infirmière en chef.

30 mai 1910
Les gendarmes viennent enquêter et confirme l’empoisonnement.

30 juin 1910
Les anciens gardiens quittent leurs fonctions. Edmond reste le jardinier.

12 septembre 1910
Désiré Pochan est interné.

15 septembre 1910
Camille Saint-Cyr

5 octobre 1910
Horace de Maupertuis prend ses nouvelles fonctions de directeur du domaine.

8 novembre 1910
Fabien Déranger est interné.

6 février 1911
Antoine Rougenoit est interné.

30 mars 1911
Sœur Marie-Julie Arnoult rejoint le domaine en qualité de pharmacienne.

12 mai 1911
Le directeur Horace de Maupertuis fait construire une piscine dans le domaine.

10 novembre 1911
Daniel Paul Schreber est interné.

16 décembre 1911
Le père Fresson quitte son poste.

4 février 1912
Joseph Tudor rejoint le domaine en qualité d’aumônier remplaçant ainsi le père Fresson.
Sœur Renée Galant rejoint le domaine en qualité d’infirmière.

11 mars 1912
Le directeur Horace de Maupertuis fait construire un cours de tennis dans le domaine.
Pendant les travaux, Remi Poulin (un aliéné) meurt d'une mauvaise chute. Des rumeurs disent qu’il gênait la direction…

17 mars 1912
David Peignelautre est interné.

23 mars 1912
Hyppolite Déchamps rejoint le domaine en qualité de médecin.

6 avril 1912
Berthine Painchot est interné.

12 mai 1912
Emile Falguière est interné.

13 mai 1912
Therèse Chalandier est internée.

24 juin 1912
Le directeur Horace de Maupertuis fait construire le pavillon, un bâtiment annexe comprenant une chapelle au rez-de-chaussée et des appartements privés à l’étage.

19 août 1912
David Thomas est interné.

24 août 1912
Serge Laidoir est interné.

4 septembre 1912
Acquisition de la machine à électrochocs.

5 septembre 1912
Décès accidentel de Joachim Charlebout pendant une des premières séance d’électrochoc.

10 octobre 1912
Alfred Mouton rejoint le domaine en qualité de surveillant.

26 décembre 1912
Gaston Berger est interné.

17 avril 1913
Frédéric Schmitter rejoint le domaine en qualité de médecin.

3 juillet 1913
Henri Grosjean rejoint l’administration du domaine en qualité d’économe.

19 septembre 1913
Marcel Pujol est interné.

8 octobre 1913
Jean-Sébastien Beps est interné.

14 janvier 1914
François Morignard est interné.

11 février 1914
Lors d'une sortie organisée avec certains malades, une agression a lieu dans le village. Depuis un arrêté préfectoral interdit à tout aliéné les sorties.

19 février 1914
Patricia Denné est interné.

8 mars 1914
Gerard Amatrax meurt dans le domaine.

6 avril 1914
Cédric Chuper est interné.

29 avril 1914
Hermann Rorschach rejoint le domaine en qualité de médecin.

4 mai 1914
David Esfrote est interné.

8 juin 1914
Raoul Dupuy est interné.

14 juin 1914
Anselme Dubourg est interné.

21 juillet 1914
Cédric Letodi est interné.

22 juillet 1914
Un incendie a lieu dans le bâtiment principale. Malgré une forte panique chez les aliénés aucune mort n’est à déplorer mais beaucoup de papiers administratifs ont brûlés.

17 novembre 1914
Fernando Dacosta est interné.

7 décembre 1914
Thierry Gosier est interné.

24 décembre 1914
Jean-Christophe Arrachart est interné.

27 février 1915
Dominque Passereau est internée.

3 mars 1915
Victoire Dumont est internée.

5 mars 1915
Un virus particulièrement meurtrier frappe le domaine qui est alors mis en quarantaine pendant deux mois. Malgré les efforts intenses de l’équipe médicale et des infirmières, sept aliénés trouvent la mort : Victoire Dumont, Léon Zimzou, Fernando Dacosta, Mathieu Bloyat, Louis Dutrou, Therèse Chalandier, et Désiré Pochan.

29 mai 1915
Emmanuel Deroca est interné.

14 juillet 1915
Léon Dacourt est interné.

2 octobre 1915
Merlin Leguenec est interné.

20 novembre 1915
Ulrich Friedman rejoint le domaine en qualité de médecin.

20 décembre 1915
Gunter Brumwald est interné.

24 décembre 1915
A cause de la guerre il y a de graves problèmes d’approvisionnement et les repas sont très rationnés pour les aliénés.

30 janvier 1916
Arrivent enfin les ravitaillements, mais la distribution tourne à l'émeute durant laquelle on comptera deux morts parmi les aliénés : Berthine Painchot et Emmanuel Deroca.

14 février 1916
Raymond Gasquet est interné.

9 mars 1916
Cyril Casacourta est interné.

25 avril 1916
Blanche Vivier est internée.

29 mai 1916
Marguerite Pigon est internée.

6 juin 1916
Antonin Mirabeau est interné.

4 juillet 1916
Basile Vendefer est internée

13 juillet 1916
Cécile Fessafière est internée

22 juillet 1916
Antonin Vertueux rejoint le domaine en qualité d’aide-soignant.

7 août 1916
Yves Loiseau rejoint le domaine en qualité de médecin.

1er octobre 1916
Fabien Deranger et Emile Falguière s'échappent ensemble du domaine à travers bois.

4 octobre 1916
Marcel Pujol prend Alfred Mouton en otage, une prise d'otage sanglante ou Alfred Mouton perdra certains de ses membres. Après l’intervention musclé de M. Bouton, Marcel Pujol est maîtrisé. Il sera mis en isolation pendant 3 mois.

14 octobre 1916
Les thérapies par hypnose sont officiellement mises en place par le Dr Friedman.

6 novembre 1916
Après sa fuite, Emile Falguière rentre au domaine de lui-même sans donner la moindre explication.

10 novembre 1916
Romuald Bonvoisin est interné.
Jérémie Blanchard est interné.

14 décembre 1916
Mauricette Pinson est internée.

6 janvier 1917
Le surveillant Alfred Mouton est retrouvé pendu dans sa chambre.

26 février 1917
Maurice Dubois rejoint le domaine en qualité de surveillant.

11 mars 1917
Gilbert Charpentier, un militaire blessé au front vient se faire soigner.

14 mars 1917
Firmin Piat rejoint le domaine en qualité de surveillant.

2 mars 1917
Auguste Leblanc rejoint le domaine en qualité de surveillant.

12 avril 1917
Jean-Sébastien Beps meurt d'une péritonite foudroyante. Le corps a étrangement disparu avant l’enterrement.

7 mai 1917
Victorien Lambert est interné.
Michel Lambert est interné.
Mauricette Rupert est internée.

8 mai 1917
Dès le lendemain de son arrivée, Mauricette Rupert se noie dans la mare qui se trouve dans la forêt. Celle-ci sera dorénavant grillagée.

26 mai 1917
Aristide Buchet est interné.

1er juin 1917
Charles-Edouard Roupillon est interné.

4 juin 1917
Séverin Chauttard est interné.

23 juin 1917
Charles Lehenry un militaire blessé au front vient se faire soigner.

19 juillet 1917
Le professeur Hugues de Bourgeot décède d'une crise cardiaque. Il prenait paraît-il régulièrement des excitants.

24 août 1917
Gisèle Espinasse rejoint le domaine en qualité d’infirmière.
Léonard Moutonnet est interné.

30 août 1917
Michel Mariel est interné.

12 septembre 1917
David Meyer rejoint le domaine en qualité d’aide-soignant.

20 septembre 1917
Frantz Schwartz est interné.

2 octobre 1917
Olivier Skid est interné.

12 octobre 1917
Timothé de Guyon est interné.

4 novembre 1917
Le directeur Horace de Maupertuis autorise un groupe de cinq jeunes scouts à installer leur campement dans le domaine en échange de leur aide quotidienne.

9 novembre 1917
Tôt le matin la région a été bombardée. C’est la première fois que la guerre semble si proche. Le bruit des bombes et du passage des avions a bien entendu réveillé tout le monde dans le domaine. Certains aliénés criaient très fort, mais pour une fois c’était bien légitime puisque la peur de mourir n’épargna personne. Une bombe est même tombée au milieu de la cours. Elle y est toujours et il ne vaut mieux pas la toucher. Elle risque peut-être d’exploser. Pour la première fois depuis bien longtemps le silence pesait dans le domaine. La matinée était inhabituellement calme. Le père Joseph a fait une très courte messe avant le petit-déjeuner. Aucune activité n’a été organisée ce matin. De toute façon, encadrants ou aliénés, personne n’était vraiment motivé. Face à ce malaise, peu de temps après la fin du déjeuner, le directeur Horace de Maupertuis a décidé de réunir tout le monde sans exception. Il voulait d'ailleurs en profiter pour présenter officiellement le nouveau concierge.
Il est 14h : DEBUT DU GN