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1900 - 1914 : La Belle époque

Belle Époque... D’où vient cette désignation inattendue ? Elle apparut dans l’immédiat après guerre pour désigner le temps « d’avant », d’avant l’horreur, le temps d’avant les incertitudes et les détresses, un temps où l’avènement de la République, la prospérité économique, l’espoir que la science et le progrès promettaient un âge d’or. De fait, il est depuis habituel de définir la Belle Époque comme étant la période de prospérité générale en France entre 1900 et 1914. La Belle Époque marque la fin d’un long XIXème siècle d’incertitudes : entre le Consulat et l’avènement de la IIIème République, pas moins de cinq régimes se sont succédés. Sans parler des guerres napoléoniennes, la France s’était retrouvée engagée dans plusieurs conflits : la conquête de l’Algérie en 1830, la guerre de Crimée en 1854-1855, la campagne d’Italie en 1859 contre l’Empire austro-hongrois et la calamiteuse guerre de 1870 contre la Prusse. Parce que la défaite avait été humiliante et qu’il fallait préparer la Revanche, l’armée fit l’objet de soins particuliers. En 1872, une loi institua l’universalité du service militaire en fixant sa durée à cinq ans ; mais en raison de l’incapacité des armées à accueillir un si grand
nombre de conscrits, on remit en place le principe du tirage au sort : 5 ans pour les uns, 1 an pour les plus chanceux. En outre de multiples dispenses étaient accordées aux fonctionnaires, aux ecclésiastiques, aux étudiants. En 1889, la durée du service est fixée à trois ans, mais l’universalité ne fut acquise qu’avec la loi de séparation de l’Église et de l’État. Réduite à deux ans en 1905, la durée du service fut ramenée à trois ans en 1913 par crainte d’un conflit avec l’Allemagne…
D’un côté plus spirituel, le début du XXème siècle voit la renaissance d’un intérêt général pour l’occulte. Entre deux lois anticléricales les spirites font tourner les guéridons, pendant que les prestidigitateurs font recette sur les scènes itinérantes. Politiquement parlant, dreyfusards et anti-dreyfusards s’affrontent depuis 1895 et plus encore depuis le 13 janvier 1898 après le célèbre « J’accuse » d’Emile Zola. Pendant ce temps les anarchistes posent des bombes… La police française a le plus grand mal à les attraper. Entre eux et les apaches, les voyous de Paris, Clémenceau est dos au mur, et c’est au début du XXème siecle qu’il crée les fameuses brigades mobiles, autrement appelées Brigades du Tigre. Malheureusement, la Belle Epoque aussi doit se terminer, et les années de rêve et d’insouciance prennent fin en août 1914…

1914 - 1918 : Première guerre mondiale

La guerre pour nombre d’écoliers n’est qu’une suite de dates pénibles à retenir, mais chacune d’entre elles est lourde de conséquences, car chacune
d’entre elles porte le poids de dizaines et de centaines de milliers de morts… Voici les plus marquantes.

- 1914

28 juin : Assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie. L’attentat, perpétré à Sarajevo par de jeunes nationalistes serbes, s’inscrit dans le contexte politique très tendu des Balkans. Les peuples slaves, soutenus par la Russie, s’opposent à la domination austro-hongroise. En représailles à ce meurtre, Vienne adresse un ultimatum à la Serbie le 23 juillet et lui déclare la guerre le 28.

3 août : L’Allemagne déclare la guerre à la France. En quelques jours, le jeu des alliances plonge presque toute l’Europe dans la guerre. Sur le front Ouest, les armées françaises, belges et britanniques reculent tout l’été face à l’offensive allemande. Sur le front Est, les troupes russes sont défaites par Hindenburg, mais contiennent les Austro-Hongrois en Galicie.

6-13 septembre : La bataille de la Marne. L’armée française arrête les Allemands sur les bords de la Marne, à quelques dizaines de kilomètres de Paris. L’épisode célèbre des "taxis de la Marne" voit les voituriers parisiens transporter les poilus jusqu’au champ de bataille. Ainsi, sur le front Ouest, dès la fin de l’automne, les troupes s’enterrent dans les tranchées. Cette guerre de position durera près de 4 ans.

- 1915
22 avril : Première utilisation de l’arme chimique dans l’histoire Près d’Ypres (Artois), les troupes allemandes envoient des nappes de chlore sur les tranchées françaises, canadiennes et belges. Les soldats, qui ne bénéficient d’aucune protection, souffrent de brûlures des yeux et des voies respiratoires.

- 1916

21 février-18 décembre : La bataille de Verdun. Déclenchée par l’état-major allemand, la bataille de Verdun a pour but de "saigner à blanc" l’armée française.

- 1917

2 avril : Entrée en guerre des Etats-Unis. Washington sort de sa neutralité prudente pour s’engager aux côtés des forces de l’Entente. La guerre sous-marine entreprise par les Allemands, qui coulent sans distinction tous les convois à destination des îles britanniques, est à l’origine de cette décision. Les premières troupes américaines, commandées par le général Pershing, arrivent à Saint-Nazaire au mois de juin.

17 avril : Premières mutineries dans l’armée française. Lors de la sanglante offensive du Chemin des Dames (Aisne), commandée par le général Nivelle, des unités complètes, soit 30 à 40 000 soldats, refusent de monter en ligne. Une trentaine de poilus sont fusillés. Depuis 3 ans maintenant, les cimetières se remplissent et parfois, les hôpitaux n’ont plus assez de place pour accueillir les blessés qui affluent, où peut-on les soigner ?...